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Ministerial
Conference on Harnessing Science and Technology to Increase Agricultural
Productivity in Africa:
West African Perspectives La cooperation scientifique Agricole en Afrique de l’ouest P. SEREME et L. NETOYO Résumé Ce présent rapport fait la synthèse des expériences de coopération sous-régionale dans le domaine agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’analyse du cadre institutionnel et organisationnel du contexte général de la recherche agricole dans la sous-région met en évidence les difficultés de fonctionnement des structures nationales de recherche agricole issues des reformes entreprises par les responsables politiques des différents pays. Face à ces difficultés, le besoin de coopération scientifique a très vite été perçue par les chercheurs, les responsables des systèmes nationaux de recherches agricoles (SNRA), les décideurs politiques et les partenaires au développement. Les multiples expériences tentées, ont surtout permis le renforcement des capacités humaines et la génération d’importants résultats de recherche. Cependant ces expériences ont présenté des limites sérieuses du fait de leur non appropriation par les SNRA et surtout du fait de la non pérennité des financements. De nouveaux concepts et mécanismes de coopération scientifique agricole développés ces dernières années par le Conseil Ouest et Centre Africain de Recherche et de Développement Agricoles (CORAF/WECARD), et l’Institut du Sahel (INSAH) offrent des perspectives de recherche durable car basés sur les priorités de la sous-région, la pérennisation des financements et une appropriation par les SNRA, et le meilleur transfert des résultats. I. Contexte général Au cours de la 1960-1980 et en réponse aux problèmes liés à l’insuffisance des productions agricoles et à l’importation de vivres, il est apparu un changement du cadre institutionnel et organisationnel de la recherche agricole dans plusieurs pays de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre. Sur le plan institutionnel, plusieurs instituts nationaux de recherche agricole ainsi que des organismes régionaux de coopération tels que le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), l’Institut du Sahel (INSAH), le Centre régional de formation et d’application en Agro- Météorologique et Hydrologie opérationnelle (AGRHYMET), le Semi-Arid Food Grain Research and Development (SAFGRAD) etc. ont vu jour. Ce changement institutionnel est suivi sur le plan organisationnel, de la création de plusieurs programmes nationaux et de projets, programmes régionaux de coopération scientifique. Les programmes nationaux se sont progressivement consolidés, comme en témoignent le nombre accru d’experts de haut niveau (tableau 1), l’existence de protocoles de recherche bien conçus et bien documentés, etc. Cependant, ce passage du témoin des institutions de recherche des pays du Nord aux structures nationales a connu au niveau de ces dernières, des difficultés de mise en œuvre des programmes nationaux du fait de leurs moyens financiers très limités, surtout les dépenses de fonctionnement (tableau 2). Les projets et programmes régionaux de coopération scientifique dans le domaine agricole l’ont été du fait de l’INSAH à travers le Projet régional de lutte intégrée contre les ennemis des cultures vivrières (1979-1987), le Projet régional d’amélioration du mil, sorgho, maïs, niébé (1982-1993), et du SAFGRAD avec le Programme Régional SAFGRAD, offrant ainsi l’opportunité d’une collaboration scientifique entre plusieurs chercheurs de la sous-région. Ces projets et programmes régionaux avaient les principales caractéristiques suivantes: 1) important financement mobilisé par les organismes en charge de la coordination régionale et mise à disposition des fonds aux structures nationales de recherche pour la mise en œuvre ; 2) suivi–évaluation peu rigoureux ; 3) important volet pour le renforcement des capacités humaines et des infrastructures ; 4) manque de cohérence et de synergie entre les différentes initiatives.
Tableau 1. Evolution de l’effectif des chercheurs des
structures gouvernementales de 8 pays d’Afrique de l’Ouest (source :
Agricultural Science and Technology Indicator : www.asti.cgiar.org) Tableau 2. Evolution des dépenses totales consacrées à la recherche agricole dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest en million dans la monnaie locale (source : Agricultural Science and Technology Indicator : www.asti.cgiar.org)
De 1980 à 2000, l’évolution de l’environnement institutionnel de la recherche scientifique agricole s’est traduite par : - L’élaboration et la mise en œuvre des plans stratégiques des institutions nationales de recherche agricole avec l’appui des principaux partenaires bilatéraux et multilatéraux : Banque mondiale (BM) , Programme spécial pour la recherche agricole en Afrique (SPAAR), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ( FAO), l’International Service for National Agricultural Research (ISNAR) etc. - Le développement des instruments de coopération avec la création en 1987 de la Conférence des responsables de recherche agronomique africains et français, devenue la Conférence des responsables de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre en 1995, puis le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles en 1999 (CORAF/WECARD) . Il a pour mission d’améliorer l’efficience et l’efficacité de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre en contribuant à la construction et à la consolidation des capacités des Systèmes Nationaux de Recherches Agricoles (SNRA) à travers la coopération entre ses membres, les partenaires au développement, les organismes régionaux et internationaux, le Secteur Privé, les Organisations Non Gouvernementales, les utilisateurs des résultats de la recherche d’une part, de consolider la place de la sous-région Afrique de l’Ouest et du Centre dans le contexte de la recherche et du développement agricoles international, d’autre part. - L’implantation des Centres internationaux du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale. - Le développement de partenariat Sud-Sud et Nord-Sud. - L’émergence de stratégies de coopération régionale. - L’élaboration des plans stratégiques au niveau sous-régional : INSAH-SPAAR, CORAF, CIRA etc. Les concepts pour la mise en œuvre de la coopération scientifique Durant cette période, plusieurs concepts ont été développés sur le plan organisationnel pour la mise en œuvre de la coopération scientifique sous-régionale. - Le concept du SAFGRAD repose sur la notion de centres avancés, de centres associés et de centre d’adaptation avec comme inconvénients majeurs un risque de désertion des chercheurs vers des instituions plus attrayantes et offrant un environnement institutionnel plus favorable. - Le concept des Centres internationaux de recherche agricole (CIRA). C’est le cas de l’ADRAO avec les programmes de type 1 ou programmes de pointe, les programmes de type 2 ou programmes associés et les programmes de type 3 ou programmes d’expérimentation Ce concept présente des avantages car basé sur la formalisation des accords avec les Systèmes nationaux de recherche agricole. En outre, les programmes de type 1 jouent un rôle important dans la production scientifique et la génération des technologies. - Le concept du CORAF repose sur les réseaux associatifs de recherche qui sont constitués de groupements de chercheurs des SNRA et des partenaires du Nord oeuvrant dans un même thème de recherche d’intérêt commun et reconnu prioritaire par le CORAF. La particularité de ces réseaux est qu’ils sont coordonnés et localisés dans un des Systèmes nationaux de recherche agricole. Un réseau peut à terme être à l’origine de la création d’une Base-Centre qui est un outil plus élaboré de coopération dans le dispositif du CORAF. Le CORAF a également mis en place des projets (Projet régional pour l’amélioration de la jachère) et des pôles de recherche-développement (Pôle régional de recherche sur les systèmes irrigués en zone soudano-sahelienne d’Afrique de l’Ouest, PSI). - Le concept CILSS/INSAH repose sur les projets régionaux sur des cultures de base du Sahel (Projet régional mil, sorgho, maïs et niébé) et des filières scientifiques (Projet régional de lutte intégrée en protection des végétaux), pôles régionaux de recherche issus du cadre d’action INSAH-SPAAR (Pôle GRN/SP, Pôle de recherche sur les petits ruminants), le réseau de documentation et d’information sur la recherche agricole (RESADOC). II. Analyse critique de la situation de 1980 à 1990 2.1. Situation globale Outre le fait que le Coordonnateur d’un réseau, ou d’un programme, d’un projet régional peut venir d’un d’ organismes initiateurs du réseau ou projet, et/ou du programme régional et qu’il a le contrôle total des activités et des financements liés à l’existence de l’outil de coopération, ont note que : les différents systèmes tendent à une division de travail généralement en défaveur des SNRA : les centres dits avancés ne sont en fait pas renforcés par rapport aux CIRA, les SNRA apparaissent comme des agents exécuteurs, de simples relais des CIRA et des organismes régionaux, qui cherchent plutôt à s’afficher et à se valoriser eux-mêmes Cependant, il convient de noter tout de même que les différents systèmes créent des conditions favorables à la diffusion des connaissances et des acquis entre le SNRA et apportent une contribution non négligeable dans la formation des ressources humaines. 2.2. Les financements Les financements mobilisés pour le fonctionnement des activités de ces outils de coopération proviennent généralement de trois sources : - les ressources mobilisées à partir des fonds de subvention accordés par les partenaires du Nord dans le cadre multilatéral ou bilatéral : fonds FED, Banque Mondiale, FIDA, USAID, FAC, danois, allemands et autres. Ces ressources sont généralement mobilisées par les initiateurs des réseaux ou projets et programmes régionaux et sont gérés selon les règlements établis par eux, - les ressources mobilisées dans le cadre des fonds mis en compétition par les structures de financement du Nord : STD, INCO, FIS, etc. Ces ressources restent entièrement contrôlées par les institutions partenaires qui sont généralement du Nord, - les ressources provenant des budgets nationaux : ces ressources couvrent essentiellement les charges salariales et le fonctionnement des administrations de la recherche. Les parties affectées au fonctionnement soufrent de la régularité de leur décaissement, et ceci pénalise la performance des SNRA par rapport à leur programmation. 2.3. Gestion administrative et scientifique des outils de coopération Les outils de coopération mis en place dans le cadre de l’organisation de l’espace scientifique en Afrique de l’Ouest et du Centre ont en commun les caractéristiques suivantes : - la gestion de ces outils est faite avec plus ou moins de souplesse et de responsabilisation des SNRA par les organismes à vocation régionale qui ont chacun des règles de fonctionnement et objectifs spécifiques ; - chaque organisme animant un outil de coopération cherche à afficher sa contribution et à ne pas la diluer dans une contribution globale. Chacun veut en priorité s’investir dans les créneaux fructueux et avec les meilleurs chercheurs. Cette situation conduit souvent à des résultats contraires aux objectifs fixés et, d’une manière générale, désoriente les SNRA et retarde leur renforcement ; - le foisonnement de ces différentes initiatives avec des acteurs n’ayant pas forcément la même logique opérationnelle conduit souvent à une duplication inutile des efforts et une mobilisation non appropriée des ressources humaines et matérielles ; - les besoins des SNRA ne sont souvent pas pris en compte par plusieurs réseaux, programmes et projets qui fonctionnent sans étroite collaboration. III. Les mesures correctives et tentatives d’appropriation des outils de coopération par les SNRA de l’Afrique de l’Ouest et du Centre A partir 1990, les responsables de la recherche agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Centre se sont investis dans un cycle de réflexion visant à structurer l’espace scientifique et à mettre en place des outils de coopération appropriés répondant à leurs propres besoins et préoccupations. Ces réflexions sont menées à différents niveaux et motivées par la nécessité impérieuse d’ordonner les interventions pour une recherche plus apte à répondre aux besoins réels du développement. - Au niveau des CGIAR, ces réflexions tendent vers la régionalisation des Centres Internationaux (CIRA) et une implication plus forte des SNRA dans leurs stratégies et programmes (écorégionalité de la recherche et spécialisation des CIRA par rapport à ces éco-zones). Les réflexions pour une intégration des activités des CIRA et des SNRA d’Afrique de l’Ouest et du Centre sont initiées en début 2000. A la faveur de celles-ci entreprises par le CORAF/WECARD et trois des principaux CIRA intervenant dans la zone AOC (ADRAO, IITA et ICRISAT), 90 projets exécutés par ces Centres dont 41 en GRN, 26 pour la dissémination des résultats, 18 pour les politiques agricoles, ont été recensés. Ces projets portant essentiellement sur la gestion des ressources naturelles et la gestion des ressources génétiques se caractérisaient par des duplications. - Dans les actions bilatérales et particulièrement du système de recherche des pays du Nord, elles tendent à privilégier la création ou le renforcement des organismes régionaux de coordination et d’animation de la recherche et de notion de partenariat. - Les déclarations politiques et les prises de positions des Etats tendent à favoriser la coopération scientifique et l’intégration régionales. Ces déclarations préconisent la réduction du nombre d’organismes régionaux de coopération pour une meilleure efficacité et la dimension et les activités des SNRA pour les rendre compatibles avec les ressources. Les outils de coopération L’effort de rationalisation et d’une meilleure structuration des réseaux, projets et programmes régionaux entrepris par le CORAF/WECARD à la faveur de l’élaboration et de la mise en œuvre du Plan stratégique de coopération pour le recherche et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre a permis, dans le domaine des cultures vivrières annuelles, d’adopter la fusion des deux réseaux sur le riz (CORAF et ADRAO), la fusion des deux réseaux sur le maïs (CORAF et SAFRGRAD) et des deux réseaux sur le sorgho et du mil. En outre, la réflexion approfondie entreprise par le CORAF/WECARD sur le concept de réseau, de programme ou de projet régional, a redéfini ces différents outils comme suit : Un réseau de recherche est « un espace de réflexion, d’animation scientifique, d’échanges et de communication entre les chercheurs travaillant sur une même problématique, un domaine et/ou une thématique reconnus d’intérêt par les organes du CORAF/WECARD ». Le réseau ainsi défini a permis de jouer un rôle déterminant dans l’identification et la mobilisation de l’expertise sous-régionale en matière de recherche agricole. En effet, les regroupements des chercheurs autour de problématiques de recherche se rapportant à des cultures vivrières et de rente, aux productions forestières et animales et à des thématiques transversales telles la résistance à la sécheresse, a permis de recenser et d’analyser la demande sociale, d’établir des priorités et de les capitaliser dans des projets associatifs. Parallèlement, un important effort d’animation scientifique a été déployé à travers l’organisation d’ateliers et de séminaires, jetant ainsi les bases d’une véritable culture d’échanges au sein des systèmes nationaux de recherche agricole. Un des atouts majeurs de cette démarche a été la création du Centre d’Etude Régional pour l’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), Base-Centre d’un réseau appelé Réseau de recherche sur la résistance à la sécheresse (R3S). Il convient de préciser ici qu’une Base-Centre n’est pas une structure exogène à un réseau. Bien au contraire, elle est l’expression la plus achevée de la maturité d’un réseau qui se concrétise par l’identification d’une institution hôte disposant de compétences scientifiques reconnues sur un domaine ou une thématique, ouverte à la coopération sous-régionale et internationale. Dans ce cas précis, l’implication de l’institution hôte dans la gestion scientifique, administrative et financière constitue le gage le plus sûr d’une pérennisation de cet outil de coopération. Enfin, dans le contexte du CORAF/WECARD, le concept de pôle de recherche et de projet de recherche régionaux comporte les éléments suivants : un pôle régional de recherche traite d’une problématique spécifique de recherche-développement, concernant une écorégion particulière, relevant d’une prise en charge par les programmes prioritaires de recherche des SNRA impliqués, avec un partage des responsabilités dans l’exécution des tâches. Ces tâches concernent, pour chaque partie prenante, l’exécution et la gestion scientifiques et technique contribuant à la résolution de la problématique ciblée, la gestion administrative et financière. La coordination générale d’un tel outil est confiée à une des institutions impliquées, sur la base d’avantages comparatifs reconnus par ses pairs. Le CORAF/WECARD a aidé à la mise en place d’un pôle répondant à ces éléments de définition et de fonctionnement. C’est le cas du PSI regroupant le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Sénégal. Bien avant l’adoption du Plan stratégique de coopération pour la recherche et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest adopté par le CORAF/WECARD et ses partenaires en 2000, et qui a identifié des priorités en matière de coopération en recherche agricole, établi un cadre de négociation et de dialogue entre les différents partenaires de la recherche et du développement agricoles, et proposé un mécanisme de financement durable en matière de coopération sous-régionale, l’Institut du Sahel a été le leader des réflexions devant aboutir à une meilleure organisation de l’espace scientifique sahélien dans le domaine des recherches sur les thématiques transversales. En collaboration avec le SPAAR, l’Institut du Sahel a entrepris une réflexion qui a abouti à la mise en place d’une forme de coopération sous-régionale basée sur la constitution des pôles de recherche sur les grandes thématiques et la formulation des principes devant soutenir la durabilité de la recherche agricole au Sahel. Ces principes sont, entre autres : le soutien à long terme de la recherche avec la notion de « Fonds nationaux de recherche » ou « Paniers » et la création de pôles de recherche à vocation régionale. La définition des critères devant régir ces paniers nationaux et les pôles de recherche devrait tenir compte de la dynamique déjà décrite et surtout de l’existence du cadre institutionnel qu’est le CILSS/INSAH, accepté de tous les Etats membres et disposant de textes organiques regroupant le personnel qui y travaille. Dans ce contexte, le pôle de recherche est défini comme partie intégrante du système national de recherche. Cependant, institutionnellement, un protocole d’accord entre le pays hôte du pôle et le CILSS va conférer automatiquement au système national les divers avantages liés aux organismes régionaux. En outre, l’Institut du Sahel, en tant que structure de coordination régionale, définit avec l’institution d’accueil les modalités de contrôle, de suivi et d’évaluation du programme défini dans le cadre du pôle de recherche. L’organisation du pôle de recherche dans le contexte de l’INSAH est faite conformément aux textes en vigueur dans le système national. A ce titre, le responsable du pôle est proposé par le Directeur du système national et sa nomination est entérinée par la Réunion annuelle des Directeurs des Institutions de Recherche du Sahel. Parmi les domaines prioritaires définis par l’INSAH pour la construction d’une coopération scientifique au Sahel, le pôle de recherches sur la gestion des ressources naturelles et systèmes de production est l’un des outils le plus solide de coopération qui existe dans le domaine indiqué. Ce pôle travaille sur de grandes thématiques coordonnées et animées par 4 pays choisis par les 9 institutions de recherche des pays membres du CILSS. Les quatre Programmes Thématiques Régionales sont exécutés par : - Le Burkina Faso pour la conservation des eaux et des sols (CES); - Le Mali pour l’agro- climatologie et les contraintes variétales; - Le Niger pour la gestion des sols et de l’environnement des systèmes irrigués; - Le Sénégal pour la fixation symbiotique. Les instances de gestion du Pôle sont : - La Réunion annuelle des Directeurs Généraux des Institutions focales de recherche qui est l’instance de décision du Pôle; - Le Comité Régional de Coordination composé d’une part des neuf (09) responsables GRN/SP des SNRA membres et de l’INSAH et des partenaires scientifiques ayant le statut d’observateurs; - Le Collège scientifique qui est un organe consultatif assurant entre autres les évaluations scientifiques et servant de cadre de réflexion prospective. Le financement des activités du pôle provient principalement de trois sources : - La mobilisation des ressources endogènes par la prise en compte de la dimension régionale dans la budgétisation des activités des SNRA - La budgétisation dans les activités de l’INSAH des dépenses relatives à la facilitation et aux échanges au sein du Pôle GRN/SP. - La mobilisation de fonds additionnels par l’élaboration de projets et les appuis des institutions de coopération scientifiques. Ce mode de financement adopté par les responsables de la recherche du Sahel a permis de sécuriser la vie de l’outil de coopération ainsi mis en place. Le Fonds compétitif régional : nouveau mécanisme de financement de la recherche agricole Les réflexions initiées par le SPAAR, la BAD et la Banque mondiale sur le financement durable de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre ont conclu à l’institution d’un Fonds compétitif régional. Les dites réflexions, qui ont rassemblé à Abidjan en 1998 les ministres chargés de l’agriculture, de la recherche scientifique et des finances de la sous-région, ont conclu, entre autres, à la mise en place d’un Fonds national dans chaque pays en préparation du Fonds compétitif régional. Aujourd’hui, on note que certains pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal se sont engagés à des niveaux plus ou moins avancés dans le processus de fonds nationaux de recherche. Le CORAF/WECARD lui-même, à l’issue de sa revue institutionnelle en 1999, a démarré l’expérimentation du Fonds compétitif régional par le lancement en 2001 d’un Fonds incitatif. Grâce à l’appui du Programme d’Appui à la Recherche Agricole en Afrique de l’Ouest de l’Union européenne, le CORAF/WECARD a pu lancer un premier appel à propositions de projets de recherche en fin 2003. La volonté affichée du CORAF/WECARD de mettre en œuvre le mécanisme de Fonds compétitifs régionaux répond à trois motivations essentielles : l’ouverture et la diversification du partenariat scientifique et financier, l’orientation plus accrue de la recherche vers la demande et les priorités régionales et l’amélioration de la qualité (pertinence et qualité scientifiques) des activités de recherche. Le mécanisme de financement des unités opérationnelles du CORAF/WECARD en vigueur avant la planification stratégique privilégiait la pertinence des thèmes de recherche jugés fédérateurs par la communauté scientifique de la sous-région. Il ne tenait pas suffisamment compte de la demande des utilisateurs. Le Fonds compétitif régional CORAF/WECARD permettra d’améliorer la pertinence des activités en introduisant des critères d’évaluation des propositions qui garantiront une prise en compte de la demande et une plus grande participation au processus des utilisateurs des résultats de recherche. Enfin, l’approche d’appel à propositions sur une base compétitive exigera des postulants plus de la rigueur dans la formulation des projets et plus d’efforts sur la qualité scientifique. Ce fonds créé dans la sous région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en tant que mécanisme de financement durable, constitue un outil de réalisation des priorités de recherche et de coopération définies par le CORAF/WECARD. Il a pour objectif global la promotion de la recherche pour le développement agricole dans la sous-région par une contribution efficace et durable à son financement. Conclusion Ces efforts entrepris dans la sous-région pour construire un espace scientifique où les moyens financiers, humains et matériels sont utilisé, mis en commun et utilisés rationnellement doivent être poursuivis pour renforcer les systèmes nationaux de recherche agricole et dynamiser la coopération scientifique amorcée. Cette dynamique est à encourager dans le domaine de la mobilité des chercheurs de la sous-région et les institutions de coordination et d’animation de la recherche agricole telles le CORAF/WECARD, l’INSAH, le FARA, l’ADRAO et autre, doit créer les conditions favorables pour encourager les échanges d’expertises et d’expériences entre les SNRA qui les composent et stimuler la mobilité des chercheurs des pays qui adhèrent à ces principes. La mobilité des chercheurs des SNRA de la sous-région est une des voies qui contribue entre autres à : combler le manque de compétences en ressources humaines dans un domaine scientifique spécifique (Cas du CERAAS, Pôle GRN/SP, PSI, PRASAC etc.), développer une coopération en matière de recherche agricole au niveau régional, et favoriser l’émergence d’une communauté scientifique autour d’une thématique ou d’un sujet de recherche d’intérêt et d’importance régionaux reconnu de ses membres. Cette mobilité peut être suscitée dans le cadre des activités spécifiques de menées par une équipe d’un SNRA ou en faveur d’une organisation structurée en réseau de recherche associatif, Pôle et en Projets régionaux de recherche. Ce principe rencontre des difficultés dans son application en raison des contingences qui entravent l’émergence d’organisation structurées comme les Bases-Centres (CERAAS) les Pôles et Projets régionaux pouvant créer un cadre favorable à cette mobilité.
Perspectives Eu égard à l’existence de structures de coordination de la recherche sous-régionale dotées d’une vision claire et ayant initié différentes réflexions qu’elles ont traduites en activités de coopération scientifique, l’Afrique de l’Ouest et du Centre dispose suffisamment d’atouts pour un renforcement de la coopération scientifique agricole entre les différents acteurs de la recherche agricole pour le développement.. Les efforts qu’elles ont développés pour l’harmonisation des outils de coopération pour la recherche dans la sous-région, afin d’obtenir une plus grande intégration et une plus grande convergence, plus de partenariats productifs, éviter le double emploi, assurer une meilleure utilisation des ressources devraient être soutenues par les autres acteurs de la recherche pour le développement, notamment les décideurs politiques, les organismes de coopération économique, les partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale. Dans l’immédiat, les actions d’harmonisation des réseaux/projets antérieurs initiées avec quelques CIRA devraient continuer avec une vigueur renouvelée, en plus de nouveaux partenaires. C'est à ce prix que la recherche arrivera à réinstaller la confiance et à justifier les investissements. A cet égard, le CORAF/WECARD a retenu une évaluation à court terme de l’ensemble de ces unités opérationnelles Le mécanisme du Fonds compétitifs régionaux est à promouvoir étant donné qu’il vise à renforcer la coopération régionale et inter- institutionnelle dans les pays de la sous-région de l’AOC et, au besoin, avec les pays des autres sous-régions de l’Afrique ; à accroître la liaison entre les chercheurs et les utilisateurs des résultats, à promouvoir une recherche tournée vers la demande, à valoriser les efforts nationaux de financement et à promouvoir le renforcement des composantes les plus faibles des SNRD par le développement des relations de celles-ci avec les composantes les plus fortes et à accroître la capacité des composantes des SNRAs de la sous8région à formuler des propositions de recherche de bonne qualité scientifique ;
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